jeudi 17 juin 2010

"Le conflit - La femme et la mère" d'Elisabeth Badinter



Voilà bien longtemps que je voulais écrire un petit quelque chose sur ce que m’a inspiré le livre "Le conflit - La femme et la mère" d’Elisabeth Badinter. L’émission de Maternelles de ce matin a fini de me convaincre !


Elle dit prôner le libre choix pour toutes les femmes et pourtant ô combien son livre est culpabilisant et stigmatisant.

Elle parle de pressions sur les femmes pour allaiter. Peut-être que c’est le cas dans certaines maternités mais je ne pense pas que ce soit la majorité et, même, loin de là. J’émets l’hypothèse que certaines mères qui ont fait le choix de ne pas allaiter culpabilisent peut-être inconsciemment et prennent ce qui est peut-être simplement de l’information pour de la pression.
Il ne faut quand même pas oublier que la publicité pour le lait artificiel a longtemps sévi et d’ailleurs, si on n’en voit plus pour le 1er âge, elle est quand même bien présente pour les laits de suite. Alors il faut remettre les choses à leur place et dire ce qui est : le lait maternel est le lait le plus adapté pour le bébé.
Plus que de pression, je crois qu’il faudrait parler du manque d’accompagnement autour de l’allaitement. Difficile parfois d’assumer ce choix face à des gens non informés et des professionnels mal formés. Pour exemple, le pédiatre qui a la visite des 1 mois de Louis me conseillait de décaler chaque tétée de 5min (sous-entendu que je lui donnais à téter religieusement toutes les 3 heures) afin de supprimer la tétée de 2h du matin. Il faut bien préciser qu’il avait décrété que cette tétée était gênante pour moi alors que je ne m’en plaignais nullement. Inutile de dire que je ne suis jamais retournée le voir.
Je crois qu’il ne faut pas cacher que, parfois, ça relève du parcours du combattant de vouloir allaiter : je pense à Anaïs qui a dû arrêter son allaitement faute de pouvoir tirer et conserver le lait sur son lieu de travail, ne parlons pas de Nathalie qui devait tirer son lait dans les toilettes à l’abri des regards malveillants et Charlotte pour qui la crèche refusait le lait maternel.
Je trouve qu’Elisabeth Badinter participe grandement dans son livre à la désinformation sur l’allaitement et le maternage en général. « Telle une religieuse qui prend le voile, la future mère ne s’appartient plus » (p101) Cette phrase en dit long sur sa conception de la maternité. Pour elle, une femme qui allaite est fatiguée, tout entière dévouée à son bébé, néglige son mari,… Je vous rassure ici tout va bien !!! On est loin de cette caricature. Non l’allaitement n’est pas séparateur du couple, il faut arrêter de dire des bêtises, l’allaitement n’implique pas d’être esclave de son bébé, ni même de devoir arrêter de travailler ou d’avoir des activités.

Le but n’est pas du tout de ramener la mère à une condition d’asservissement. Il faut simplement donner une place au père. La grossesse, l’accouchement, l’allaitement, le portage, les couches lavables, l’alimentation maison sont plus légers à porter quand on est 2. Eh oui les papas maternants et heureux de l’être ça existe !

En lisant ce livre, j’ai eu le sentiment que le fait d’avoir envie de rester à la maison pour voir grandir son enfant n’avait rien d’épanouissant. Et pourtant moi je n’ai pas honte de le dire, j’en rêve. Je rêve d’être là près de Louis pour l’accompagner dans sa découverte de la vie, ne pas être obligée de le laisser à une nounou (même s’il adore y aller !), ne pas avoir le sentiment de l’abandonner chaque fois que je pars m’occuper de d’autres enfants. Mais le nerf de la guerre c’est l’argent et, si un jour, je veux habiter dans ma maison, il n’y a pas le choix. Je continuerai à me sentir tiraillée encore et encore.
O combien je ne suis pas d’accord avec elle quand elle parle de la nécessité d’avoir une indépendance financière pour la femme au cas où son mari la quitterait. Comment peut-on vivre heureux en couple avec cette épée de Damoclés sur la tête ? Que la femme soit cultivée, diplômée, formée, qu’elle ait un libre-arbitre dans sa réflexion pour pouvoir rebondir en cas de coup dur OUI mais qu’elle soit culpabilisée dans son choix de rester à la maison NON. Et puis, il faut arrêter de penser que rester à la maison ce n’est pas du travail. Anne et Mélanie sont à la maison et pourtant elles travaillent comme des bêtes ! C’est juste que le travail que l’on fait auprès de nos enfants, dans nos intérieurs, dans nos jardins,… est beaucoup moins quantifiable et pourtant participe autant voire plus qu’un gros salaire à notre qualité de vie.

Les sujets qui m’ont interpelé et les phrases qui m’ont fait bondir sont en trop grand nombre pour tout citer malheureusement. Le maternage proximal en prend pour son grade ! Dommage ça n’aidera pas les gens qui ne connaissent pas à faire ces choix ou à être plus tolérants vis-à-vis de ceux qui les font. J’ai juste envie de dire que dans ce type de maternage, l’enfant n’est pas au centre mais bien avec nous. On ne s’arrête pas de vivre pour lui : on peut aller où on veut, quand on veut sans que cela ne ressemble à une grande épopée. Et point non négligeable, on fait de grosses économies ! Cela ne nous empêche pas de fixer des limites à l’enfant, qui il faut quand même le rappeler se structure aussi grâce aux limites.

Depuis bientôt deux ans, j’ai fait un certain nombre de choix qui ont changé en partie ma façon de vivre et de penser. Je me sens mieux maintenant et plus en phase avec la Terre qui nous accueille. Je respecte le fait que d’autres n’aient pas les mêmes préoccupations que moi sur l’environnement, la santé ou l’éducation et je ne demande qu’une chose c’est, qu’en retour, mes choix soient respectés !

1 commentaire:

  1. J'ai lu aussi son livre, j'ai trouvé cette dame bien aigrie par moment et je doute qu'elle soit très heureuse dans sa vie.
    Je me rends compte que je suis une "négociatrice" comme beaucoup de mère essayant d'être partout à la fois au boulot et à la maison auprès de son enfant. Par rapport à l'allaitement, j'ai pris beaucoup de recul par mon boulot. Les bébés allaités au biberon avec ce "vilain" lait "artificiel" qui les fait tout aussi bien grandir et grossir quand l'allaitement maternel ne marche plus ou pas, sauve bien des vies de petits nourrissons ne le maudissons pas non plus, ce serait idiot.
    Finalement tout cela doit rester un choix libre de la mère, ne culpabilisons ni les unes ni les autres!!

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