lundi 30 janvier 2012

Allaitement et médicaments

Indignée! Ca aurait pu être le titre de ce post.

Décidément les années se suivent et les fêtes de fin d'année se ressemblent. L'an dernier c'était une infection urinaire, cette année c'est une dent de sagesse qui m'a fait des misères ! Pour faire court, j'ai souffert pendant 5 jours à cause d'une ulcération de la joue causée par la dent qui poussait de travers. 

Jusque-là rien de bien passionnant. J'arrive chez la dentiste qui m'examine, me dit "oh ça doit vous faire un mal de chien!, je vous mets sous antibio + anti-inflammatoires". L'histoire se complique quand je lui annonce que j'allaite.
C'est là que ça devient énervant, la dentiste me rétorque "ben ça sera seulement du paracétamol alors". S'en suivent des réflexions du type "mais il a quel âge votre bébé?" et "ça serait la bonne occasion pour arrêter non?" Zen, restons zen. La charmante dame m'obtient un rendez-vous chez le chirurgien pour le lendemain, je m'en contente.
J'arrive pleine d'espoir. Je déchante vite ! Je lui explique pourquoi sa consoeur n'a pas débuté de traitement. Sans même se soucier de savoir si mon bonhomme a 1 mois ou 1 an, il me demande "vous comptez arrêter quand?" Il m'a quand même mise sous antibio ; oui la pénicilline ne pose aucun souci en cas d'allaitement.
Autre contexte, autre médecin, autre réflexion : ma gynéco qui me dit en novembre "mais il est grand maintenant votre fils. Vous lui donnez à manger au moins? Il faudrait penser à arrêter quand même. Tant que vous allaitez on ne peut envisager aucune autre contraception que la pilule."

Je suis INDIGNEE ! il n'y a pas d'autre mot. Des médecins qui tiennent de tels discours... Les professionnels de santé ne sont-ils pas sensés promouvoir l'allaitement maternel? Ne sont-ils pas au courant que l'OMS recommande un allaitement maternel en complément d'une alimentation diversifiée jusqu'à l'âge de 2 ans. N'ont-ils pas fait un peu de pharmaco durant leurs X années sur les bancs de la fac?

J'ai donc ressorti mes cours de l'école de puéricultrice. Le médecin du Lactarium nous avait fait un super topo sur la prise de médicaments au cours de l'allaitement. L'ibuprofène figure sur la liste des médicaments possibles. Petit tour dans une version actualisée du Vidal : la demi-vie d'élimination est de 2h. Et voilà ce que je découvre : "Après la prise de 400 mg d'ibuprofène toutes les 6 heures par des femmes qui allaitent, la quantité d'ibuprofène retrouvée dans leur lait est inférieure à 1 mg par 24 heures."

C'est juste hallucinant non?

En cas de doute, je vous encourage à ne pas céder aux pressions et aux réflexions désobligeantes, à ne pas accepter l'idée que allaiter et souffrir  sont des concepts indissociables. N'hésitez pas à joindre le Lactarium pour vous renseigner sur les médicaments compatibles ou à consulter le site du CRAT (Centre de Référence des Agents Pathogènes) qui est extrêmement bien fait.

Et pour le cas où ça vous intéresserait, j'ai une dent en moins depuis 10jours (l'indisciplinée a été arrachée); quant au moyen de contraception, j'ai trouvé une sage-femme qui m'a aidée, je vous en parle bientôt...

1 commentaire:

  1. je te rejoins complètement : pourquoi les médecins sont toujours "choqués" qu'on allaite et pourquoi sont ils infoutus de nous soigner !!! Concernant les réflexions du genre : "mais tu comptes arrêter quand ?" le pire c'est quand elles viennent de ta propre famille, car il me semblait que les parents (au sens large) devaient nous soutenir quelques soient nos choix de vie !!

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