vendredi 8 mars 2013

Les 10 plus gros mensonges sur l'accouchement

Les 10 plus gros mensonges sur l'accouchement 
de Blandine POITEL


Après la naissance de son troisième enfant en Maison de Naissance, Blandine Poitel s'est penchée de plus près sur les conditions de naissance en France... Auteur de dossiers d'information validés par des professionnels, elle a cofondé un collectif de plus de 80 associations qui intervient au niveau des organismes d'État (HAS, CPAM...), est membre du comité de rédaction des Dossiers de l'Obstétrique et créatrice de liste de discussion et de site sur le thème douloureux de l'épisiotomie. Actuellement, elle partage son temps entre sa famille, ses livres, ses nombreuses activités militantes au sein du collectif et de l'AFAR, et l'accompagnement non médical des femmes enceintes (doula).





Petit livre qui se lit super rapidement. Il a le mérite de poser les choses clairement et simplement. Bien documenté, il permet de se poser plein de questions. Ça remet les idées en place !



Elle balaie les idées reçues sur 10 affirmations souvent avancées comme des vérités : 

  • accoucher est dangereux
  • la femme reçoit une information fiable et a le choix en matière d'accouchement
  • la présence d'un obstétricien est indispensable même pour une grossesse normale
  • les pratiques médicales sont fiables et étayées et les produits valides
  • la position gynécologique imposée à la femme est la meilleure pour elle et pour son bébé
  • la douleur de l'accouchement est insupportable sans péridurale
  • le déclenchement de convenance n'a aucune répercussion sur le bébé
  • l'épisiotomie évite de graves déchirures
  • les gestes faits sur le bébé à sa naissance sont indispensables
  • le bassin étroit, le terme dépasse, le col qui ne s'ouvre pas et le diabète gestationnel,... sont des pathologies fréquentes et à haut risque



A retenir :

On note dans les pratiques à encourager  : Boissons proposées à la parturiente pendant le travail et l'accouchement, Respect du choix éclairé de la femme quant au lieu de la naissance entre autres...

Quant à ce qui est déconseillé par l'OMS ça fait froid dans le dos quand on pense à la fréquence de ces actes!
L'auteur nous décrit bien le cercle vicieux des protocoles sensés augmenter la sécurité mais qui ont pour effets secondaires d'augmenter les risques.

Elle rappelle que la mortalité foeto-maternelle est deux fois plus élevée en France que dans d'autres pays occidentaux  comme la Hollande où pourtant un tiers des accouchements se passent à la maison. Il faut savoir qu'aux Pays-Bas c'est une pratique extrêmement développée, les femmes et les sages-femmes sont encouragées. Les maisons de naissance y sont également bien présentes et une femme qui souhaite accoucher à l'hôpital (l'équivalent de notre niveau 3 je suppose) alors qu'il n'y a pas d'indication médicale doit payer les frais de sa poche. Moi, je dis qu'il y a matière à faire faire des économies à la Sécu française !
La cause principale de décès maternel est l'hémorragie du post-partum ; trop souvent consécutive à un non-respect de la physiologie, à l'utilisation d'hormones de synthèse, aux gestes invasifs et aux différents stress provoqués qui entraînent des décharges d'adrénaline.

Autres chiffres édifiants, ils datent de 2006. En France, pour un premier accouchement, 2 femmes sur 10 ont subi une césarienne et 7 femmes sur 10 ayant accouché par voie basse ont subi une épisiotomie. Vous vous rendez compte la proportion d'accouchement qui se terminent avec un scalpel ou un ciseau, c'est consternant. Il faut espérer que 6 ans plus tard ces chiffres se soient améliorés, que le recours à l'épisio (surtout quand on connaît ses conséquences et qu'on sait qu'elle ne résulte que de l'accumulation de protocoles inadaptés) soit moins fréquent.

Rapport de l'ANAES concernant l'intérêt et les indications des modes de surveillance du rythme cardiaque foetal au cours de l'accouchement normal. "il souligne que les données cliniques actuellement disponibles ne permettent pas de mettre en évidence de différences entre les deux techniques (auscultation intermittente ou monito en continu) concernant la mortalité périnatale ou la survenue de séquelles neurologiques à long terme. Une diminution de la fréquence des convulsions néonatales a cependant été notée sous surveillance cardiotocographique par rapport à l'auscultation intermittente. Cette différence a été principalement observée dans le cas d'utilisation d'ocytociques ou de travail prolongé. Une augmentation du recours aux actes invasifs (césariennes et extractions instrumentales) a été constatée dans le cas de surveillance cardiotocographique par rapport à l'auscultation intermittente."

Si vous avez envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez retrouver le texte du livre en pdf par ici

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